Afrique: 500 enfants meurent chaque jour

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes .En Afrique subsaharienne ,500 enfants meurent chaque jour  à cause du manque d’eau salubre et d’un assainissement insuffisant, affirme l’UNICEF.L’organisme des Nations Unies fait savoir la situation à la veille de la conférence de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sur le financement du secteur de l’eau et de l’assainissement.

 La Situation des enfants en Afrique doit aujourd’hui préoccuper, et  les dirigeants et les acteurs de défense des droits de l’homme. En croire l’Unicef, Quelque 180 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année, soit à peu près 500 par jour  en Afrique subsaharienne à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). a déclaré l’UNICEF. Les propos sont tenus  à la veille de l’ouverture d’une conférence sur le financement du secteur, rencontre prévue  à Dakar du 15 au 17 Décembre 2015.

 « Des enfants qui meurent chaque jour, des millions d’autres qui sont atteints d’un retard de croissance et un coût gigantesque pour l’économie, on ne saurait continuer comme si de rien n’était », a dit le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Manuel Fontaine. « Le rythme des progrès doit s’accroître de façon exponentielle et cela va exiger des politiques vigoureuses, un financement solide et un changement radical des priorités chez ceux qui ont le pouvoir d’agir. » A soutenu Monsieur Fontaine.

 

 Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et quelque 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. Alors que la population a quasiment doublé au cours des 25 dernières années, l’accès à l’assainissement a progressé de seulement 6 % et l’accès à l’eau de 20 % au cours de la même période. Des millions de personnes sont donc laissées pour compte.

  

L’UNICEF affirme que, faute de mesures rapides, la situation risque considérablement de s’empirer au cours des 20 prochaines années parce que l’augmentation rapide de la population surpasse les efforts des gouvernements pour assurer les services essentiels. Par exemple, le nombre de personnes de la région qui pratiquent la défécation à l’air libre est aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’était en 1990. Cette rencontre de Dakar devra permettre  de trouver de nouveaux mécanismes afin de collecter quelque 20 à 30  milliards de dollar dont le secteur Wash besoin chaque année  l’accès universel à l’eau et à l’assainissement en Afrique de l’Ouest et du centre. Prés de 24 gouvernements et des représentants des banques d’investissement, des organisations internationales, des hommes affaires et des experts sont invités à réfléchir sur la question.

 

 L’ONU a fait savoir que les pertes économiques au niveau mondial dues à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène, insuffisants s’élèvent chaque année à 260 milliards de dollars. La région Afrique de l’Ouest et du Centre, celle où l’accès est le plus mauvais, supporte une part considérable de ce fardeau financier.

 

 Aucun pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ne dispose de l’accès universel à l’eau potable. Selon le Rapport 2015 du Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement (JMP), les taux de couverture les plus élevés sont à Sao Tomé-et-Principe (97 %), Gabon (93 %), et au Cabo Verde (92 %). À l’autre extrême, se trouvent des pays dont à peu près la moitié de la population n’a pas d’accès, la Guinée équatoriale (48 %), le Tchad (51 %) et la République démocratique du Congo (52 %) affichant les taux les plus faibles.

 

 L’accès à l’assainissement est encore plus problématique. Dans les pays disposant de la meilleure couverture, jusqu’à une personne sur quatre n’a toujours pas accès à des installations sanitaires satisfaisantes. La Guinée équatoriale (75 %), Cabo Verde (72 %), et la Gambie (59 %) figurent au trois premières places en termes d’accès. La couverture la plus faible est au Niger (11 %), au Togo (12 %) et au Tchad (12 %).

Publié le 15/12/2015, 2h:36

 

 

 

 Enfants de la rue à Saint –Louis :Un drame social 

Saint Louis  du Sénégal, ville qui fait rêver : Ses belles signares, son architecture qui rappelle la période coloniale, son célèbre pont Faidherbe. Mais derrière cet océan de rêve, il y’a une réalité beaucoup plus dure,celle du phénomène des enfants de la rue. Le phénomène est devenu inquiétant du sens qu’il doit attirer l’attention de tous.

Ahmet, la quinzaine, dit avoir tout fait : vol, usage de chanvre indien pour tenter de survivre. « Mon père est un ancien militaire, je reste parfois trois jours ou même plus sans rentrer à la maison. Je fréquente Diamalaye pour faire du business, je veux gagner quelque chose. »

Quai de pêche de Diamalaye : Un mouroir d’enfants

C’est la rue qui fabrique des garçons comme Ahmet : Sales, pieds-nus, habillés en haillons,  la tête souvent  recouverte de sable, des plaies sur quelques parties du corps. Ces enfants de la rue vivant dans une extrême misère passent la plupart de leur temps à Diamalaye, un quai de pêche, lieu privilégié de ces fugueurs. Ils aident au déchargement du poisson ; récurrent les coques de pirogue ; balaient les huttes occupées par des femmes commerçantes. Ils partent souvent en mer avec des pécheurs. Sans mesure de protection, ni d’hygiène, ces bouts de bois de Dieu sont en permanence en sursis.

Sur place des adultes conscients de la situation, mais sans solution. Abdoul Aziz Mboup est  un des responsables du comité de pêche des mareyeurs  de Saint-Louis. «  Le gosse que vous voyez ici ! A son arrivée il a appris à voler du poisson. Maintenant il va en mer. Il gagne souvent de l’argent, c’est la raison pour laquelle il refuse de quitter et c’est la triste réalité .Ce que vous ignorez :Il y a des enfants qui ont perdu la vie en mer car ils ne peuvent pas nager en cas de difficulté ; Certains qui ne peuvent pas aller en mer passent la nuit sous les pirogues et des bâtiments le long de la plage ».

Ce sont des talibés, des orphelins, des enfants sans famille ou séparés de leurs parents qu’ils n’arrivent plus à retrouver qui vivent dans cette situation

A 17 ans, Ibrahima Diallo, guinéen, dit n’arrive toujours pas à retrouver ses parents. « On m’a amené ici au Sénégal pour apprendre le coran. Celui qui m’a fait quitter mon pays, la Guinée est réparti depuis très longtemps. Je ne connais pas mes parents, on me dit qu’ils sont en Guinée mais je ne sais pas où ils habitent, je n’ose pas retourner au pays parce que je risque d’être très malheureux, je préfère rester ici quelque soit les conditions » fait savoir notre interlocuteur

Une fois dans l’univers des enfants de la rue, on perd toute forme de respect pour la vie. C’est un milieu très étrange, il faut l’avoir vécu pour en parler. Souleymane Diop, ex-enfant de la rue : « Ces enfants de la rue sont aguerris. Ils souffrent .Dans ce quai de pêche de Diamalaye par exemple, il y’ a des adultes que j’ai connus cela fait des années et ils sont toujours dans la rue. Ils sont devenus de véritables délinquants qui font la prison, qui font la police, volent et ne peuvent pas être réinsérés dans leurs familles. Ils se sentent plus à l’aise dans cette situation plutôt que dans leur famille. Et même une fois dans leur famille, ils créent des problèmes pour se retrouver encore dans leur milieu préféré. Ils n’arrivent pas à intégrer la société. Avec toutes les situations vécues dans la rue, je sais ce que je dis. J’ai vécu pas mal de choses, je connais la rue, je sais comment vivent les enfants. J’avais un esprit rebelle ».

Pour Souleymane Diop, le phénomène est d’une extrême gravité qui doit préoccuper tous .Les parents au premier rang. « Ecouter l’enfant, savoir quel est son problème, je pense que c’est important. On vit dans une société qui malheureusement, ne valorise pas la parole de l’enfant. Aujourd’hui c’est le combat que je suis entrain de mener. Il faut que les enfants soient écoutés et consultés dans toute décision les concernant. Il faut écouter l’enfant pour savoir son problème. Il ya une responsabilité au niveau des parents, du gouvernement, c’est la vérité. C’est clair il y’a des lois qui ne sont pas appliquées pourtant elles sont votées. Autre chose qu’il faut souligner c’est l’absence de solidarité et d’entraide. Des enfants passent la nuit ici sans manger à coté des gens riches qui ont tout à leur disposition mais n’aident personne.».

Quand on entre dans le monde des enfants de la rue il faut faire attention où mettre les pieds car il n’ ya que trois issues possibles : l’hôpital, la mort, la prison.

Au premier semestre de  2009, «  année consacrée par notre organisation à  une campagne de sensibilisation et de plaidoyer, Action éducative en milieu ouvert (AEMO) a dénombré prés de cinquante enfants de la rue en conflit avec la loi. Ils sont poursuivis pour divers délits » précise  El hadji Diouf, un des responsables du bureau liberté surveillée à l’AEMO de Saint-Louis. Il ajoute : « Quand un enfant transgresse, il est en conflit avec la loi, avec les sociétés. Revenant sur le plan des délits, il y’ a beaucoup plus de vol mais on peut aussi noter les coups et blessures volontaires ainsi les coups mortels. Ce sont les plus courants. Mais il peut y’ avoir aussi les voies de faits, les viols, la violence et injures. Je rappelle, au premier trimestre c'est-à-dire  Janvier, Février, mars il y a eu trente (30) cas d’enfants en conflit avec la loi et pour le second trimestre, quelques vingt enfants en conflit. Les vols occupent une bonne place dans ce décompte. On note une large frange de talibés ».

Les personnes chargées de la protection de ces enfants, violent parfois leur intégrité physique ou morale .Cette couche vulnérable sans soutien, ni de la famille ni de la communauté n’a que ses yeux pour pleurer. Que faire ? Surtout comment le faire ? Avec qui ? La Liane est une association française qui intervient depuis quelques années dans la réinsertion familiale des jeunes grâce à l’ouverture d’un centre d’accueil et d’hébergement. Elle propose aux enfants des formations professionnelles pour encourager leur retour.

Claude Allegot, responsable de La Liane à Saint-Louis soutient  «  Ces enfants qui mendient 5 à 6 heures par jour, voire plus, sont en haillons ; ils ne sont pas soignés ; ne se sont pas lavés. C’est ce qui fait Que nous agissons, pour répondre à des besoins énormes. Je considère d’une certaine façon que ces enfants sont exploités. Déjà la mendicité au Sénégal est interdite par la loi 2005. En tout cas il est interdit aux adultes de faire mendier les enfants. Je crois que dans tout pays, tant qu’il existe des lois votés par le parlement, les autorités doivent prendre des décisions politiques .Ce n’est ni les associations, ni les ONG, ni les individus qui vont pouvoir changer les choses. On peut faire un travail avec une partie des gens qu’on rencontre. Mais je crois que tant qu’il y a une loi, c’est aux autorités d’imposer la loi et de dire qu’elle existe. En 2008 il y avait une cinquantaine d’enfants reçus dans notre centre, il y’ avait 45 (quarante cinq) en 2007. Ce sont des enfants garçons, filles, jeunes et moins jeunes. On a des cas d’au moins 2 ou 3 qui sont placés chez nous alors que leurs parents habitent Saint-Louis. On a trouvé un, qui dormait à la gare routière, et on a fini par savoir que sa maman, après 2 ou3 années de mariage est retournée vivre chez son père après la séparation et le grand père n’a pas voulu accepté l’enfant .Donc on l’a retrouvé à la gare routière. Cet enfant, on l’a encadré et il est retourné à l’école » a fait savoir Madame Claude Allegot

 La bonne volonté française tente d’apporter un plus malgré ses maigres moyens. Les conditions dans lesquelles ces évoluent évoluent ne sont pas des meilleures. Il faut de bons locaux, des fonds, des matériels pour permettre au moins à ces centaines d’enfants d’afficher le sourire et abandonner la rue.

La Casamance, les deux Guinée : Conakry et Bissau, la Gambie, le Mali, Dakar, sont les principales zones pourvoyeuses. Saint-Louis, la ville de l’accueil peine aujourd’hui à assurer la protection de ces enfants innocents, il faut penser à leur retour, chose pas toujours facile.

Ils ont entre quatre et dix huit ans et ils circulent presque partout dans tous les quartiers .Malgré l’intervention des associations et autres ONG, ces enfants de la rue continuent de vivre dans des conditions très difficiles .La construction d’une structure d’accueil et d’hébergement qui offre des possibilités de formation pourrait contribuer à réduire l’ampleur du phénomène.

 

 Quelle lecture sur le phénomène des enfants de la rue à Saint –Louis ?

Nous avons donné la parole à Cheikh Bamba Dieye, ancien maire de cette ville

 «  Aujourd’hui, il est extrêmement important que le Sénégal et la ville de Saint – Louis en même temps puissent développer des stratégies d’ abord de solidarité, de prise en charge réelle de nos enfants .L’ éducation et la prise en charge de l’enfance doivent être une préoccupation majeure de tout gouvernement. Il est pour moi important que le Sénégal et surtout la commune de Saint -Louis, puisse véritablement à coté des ONG, avoir une option structurée, globale pour faire face à la situation ».

Le Sénégal contre la maltraitance des enfants  

Dans une déclaration datée du 24 juillet 2014 le directeur des droits humains avait révélé que «  le gouvernement  a pris ses responsabilités pour sanctionner tous les coupables de maltraitance des personnes surtout les enfants. Le garde des sceaux, ministre la justice fait aussi beaucoup d’efforts pour désengorger les prisons notamment le surpeuplement et faire face à la mendicité des enfants. Mouhamadou Moustapha Seye d’affirmer que  notre pays est un bon élève mais il peut mieux faire. »
Il ajoute que «  Notre pays va  passer en 2016 devant le Comité contre la torture des Nations Unies et l’Union africaine pour présenter son rapport ». Déjà le 7 juillet 2015, à Genève, en Suisse, le Sénégal a fait face à la Commission des Nations Unies contre la torture pour défendre son rapport sur les discriminations faites aux femmes .Revenant toujours sur la gestion de ces droits, il a fait savoir que le  Sénégal a deux ‘’talons d’Achille’’. Il s’agit note-t-il de « la situation des enfants talibés et la surpopulation carcérale qui constituent les deux points sur lesquels l’État doit faire des efforts pour améliorer sa situation. 
Poursuivant son argumentaire, le directeur des droits de l’homme annonce qu’Un code de l’enfant est en cours d’élaboration par le ministère de la justice. Mouhamadou Moustapha Sèye  s’exprimait lors de l’atelier de formation des journalistes sur les droits de l’enfant et le traitement de l’information relative aux enfants dont “Le Soleil”  le quotidien national a pris part.

Selon lui, la protection des droits de l’enfant est au cœur du Pse ( plan Sénégal émergent ) qui constitue une perspective de développement durable axé notamment sur la consolidation de l’Etat de droit, la réalisation d’infrastructures de base et la protection des couches vulnérables.

Il a indiqué que le projet de loi relative aux défenseurs des enfants, institution indépendante de promotion et de protection des droits de l’enfant, validé au plan technique par les différents acteurs sera très prochainement soumis à l’examen du Conseil des ministres après la phase de circulation au niveau ministériel.

Ces occupants de la rue, une véritable bombe à retardement, tant qu’ils n’auront jamais d’autres refuges que la rue, ils seront les enfants du crime organisé et leur violence ne sera jamais gratuite. La lutte contre le phénomène ne concerne pas seulement les associations de défense des droits des enfants, ni les organisations non gouvernementales, mais la société tout entière.

 

 

 

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